LET’S MEAT Olivier Pivot – Ecrivain

avatar olivier pivot

Né sur un atoll polysénien, fils d’un chasseur de primes et d’une comptable, j’ai grandi en Birmanie puis au Brésil. Me destinant à la danse de salon, un accident de poney à l’âge de seize ans m’empêcha de réaliser mon rêve. Me réorientant, je me décidai à passer le concours de Sciences Po après avoir perdu un pari. Ayant, à ma grande surprise, été reçu, je continuais ma scolarité en me spécialisant sur la prospection socio-économique appliquée à l’interspatial (programme ISEP).

 Qu’est-ce qui t’as poussé à écrire ?

 J’avais vaguement titillé la muse au cours de mon enfance, écrivant de temps à autre quelque courte nouvelle ou mauvais poème. Je crois que mon texte le plus ancien est « Claudius l’enfant aveugle », une nouvelle d’une demi-page extrêmement glauque écrite à l’âge de huit ans. Mais ce furent mes amours passionnées de l’adolescence qui m’ont poussé à écrire. Il s’agissait avant tout de mettre un terme aux atermoiements de l’âme par une fureur créatrice apaisante. Depuis, je suis resté le même adolescent transi et passionné et j’ai continué à écrire : c’est pour me moi le seul moyen de guérir les blessures de l’âme.

interview olivier - emmanuelle ly
Illustration d’Emmanuelle Ly, narrée par Olivier Pivot, parue dans le Numéro 1 du Petit Pâté Illustré

Comment ton art évolue-t-il ?

J’hésite à qualifier ma production personnelle d’ « art », il s’agit tout au plus de modestes gribouillages que mes camarades ont la gentillesse de bien vouloir apprécier. J’ai commencé par quelques poèmes en alexandrins rimés (quelle horreur !) puis deux amours adolescents m’ont jeté dans la poésie. Si la première période fut franchement très mauvaise, j’abordai des thèmes et des procédés plus hardis (voire même trop ?) lors de la deuxième. Et maintenant, voilà plusieurs années que je me situe dans une période intermédiaire mais où mes poèmes ont un peu trop tendance à se répéter. Ils ont tous un aspect très métaphorique, ce qui les rend quasiment incompréhensibles pour tout autre que moi-même. L’espoir n’est toutefois pas toujours perdu : deux ans après avoir écrit « Le fruit défendu » (paru dans le numéro 0), un de mes amis a enfin compris le sens du poème.

La plus grande qualité de tes créations ?

J’ai du mal à répondre à cette question… Je connais en tout cas leur pire défaut : tout est toujours du premier jet. Je suis trop paresseux pour corriger et améliorer ce que j’ai écrit, ce qui fait que des faiblesses subsistent toujours dans ma prose et mes vers. A ce jour, je n’ai modifié que deux poèmes.

Quelle sont tes sources d’inspiration ?

Tout ce que je lis. Et très curieusement, après avoir terminé un ouvrage, j’ai une certaine tendance à m’exprimer de manière orale et écrite d’une manière similaire au style de l’auteur. Je n’ai jamais utilisé autant d’imparfaits du subjonctif que dans les jours qui ont suivi ma lecture du Discours de la Méthode.
Du point de vue des thèmes abordés, ce sont toujours mes muses qui provoquent mes périodes d’activité ou au contraire de désert scriptural.
Le monde autour de moi me fascine et j’aime capturer des moments de vie, des scènes de la vie parisienne, dans la rue, dans le bus. Ces instants capturés peuvent ensuite inspirer ma plume.

Tes thèmes préférés ?

Bizarrement, alors que je suis athée, les références bibliques sont omniprésentes dans ce que j’écris, surtout dans la poésie.
Je suis un orientaliste assumé et le monde arabe ou un de ses aspects dérivés vient souvent se glisser sous ma plume.
La femme reste cependant le thème central de toute ma production écrite. Je n’aurais jamais rien écrit sans elles.

Et ton pâté préféré, d’ailleurs ?

Il y a plusieurs choses. Pour les souvenirs d’enfance, je dirais la mousse d’oie ; pour le goût, j’hésite entre les rillettes et le foie gras. Après, tout dépend du charcutier.

Quels messages veux-tu faire passer avec tes travaux ?

En général, je n’écris que pour moi-même. Mais il arrive néanmoins que des thèmes politiques y fassent leur apparition, comme la question palestinienne ou le combat pour la tolérance.

Meilleur conseil et pire critique que tu ais reçus ?

« C’est nul ». Je pense que cela se classe aussi bien dans la catégorie « meilleur conseil » que « pire critique ». Il n’y a pas de secret : il faut écrire, écrire et ré-écrire pour arriver à quelque chose de correct.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de participer au Petit Pâté illustré ?

J’aimais bien le blog d’Alice. J’écrivais déjà lorsque j’ai entendu parler du projet et cela flattait mon égo surdimensionné de savoir que quelqu’un suerait sang et eau sur mes écrits obscurs.

interview olivier- pauline souris

Illustration de Pauline Souris, pour le conte feuilleton « La Quête du Pâté » d’Olivier Pivot, parue dans le Numéro 1 du Petit Pâté Illustré

Ce qui te plaît dans la collaboration entre artistes ?

Se faire illustrer c’est vraiment magnifique. C’est une véritable reconnaissance de son propre travail : on voit que quelqu’un a travaillé, s’est inspiré, a construit quelque chose à partir de son œuvre propre. Et c’est toujours passionnant de voire la manière dont l’œuvre est reconstruite et réinterprétée par un autre. Cela inscrit ce que l’on écrit dans le cycle de la vie, ce n’est plus une œuvre morte.

Quels sont tes projets pour l’avenir ? 

Je travaille sur un livre en ce moment. C’est la première fois où j’arrive à avoir une vision d’ensemble sur ce que je veux écrire. Mais ce sera un travail de longue haleine, et ce d’autant plus que je dois passer les concours administratifs en même temps.

La nourriture à laquelle tu dédieras ton œuvre ?

La cerise. Ou alors les framboises.

Un dernier mot pour la faim ?

A l’heure où je termine cet interview, je suis en cours d’introduction à l’évaluation des politiques publiques. C’est particulièrement ennuyant.

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