LET’S MEAT Pauline Bock – Ecrivain


Bonjour ! Je m’appelle Pauline Bock, j’ai 19 ans et je suis sur le point de m’expatrier à Londres pour ma troisième année à l’étranger (Sciences Po). Donc en gros, ma vie va sous peu se résumer à étudier le journalisme, gribouiller des histoires sur Londres et manger du carrot cake :) ! (et je suis bien contente).

 

Qu’est-ce qui t’as poussée à écrire ?

Réaliser que tous les livres que je dévorais ne s’étaient pas faits tout seuls, et que derrière il y avait des magiciens invisibles qu’on appelait des écrivains. En voilà un métier bien cool. Au CP j’avais mon plan de carrière.

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Illustration d’Alice Des pour la nouvelle de Pauline Bock, « Rendez-Vous », du numéro 1 du Petit Pâté Illustré.

L’enfance de l’artiste, un souvenir ?

Mon grand-père tient des agendas où il archive tous ses souvenirs depuis les années 50. L’été, je l’observais les remplir et un jour, je l’ai copié. Ca ne s’est jamais arrêté. Carnets d’été d’abord, puis de toutes les vacances, puis carnets de vie tout simplement… J’en ai tenu au moins cinquante !

Quel a été ton parcours jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai esquissé un premier « long texte » au collège. Au lycée, il y a eu plusieurs concours de nouvelles, et surtout la section L, qui m’a confortée dans ces tâtonnements… Avant le bac, j’avais le premier jet d’un roman d’aventure. Installée à Sciences Po Paris, je suis allée démarcher les éditeurs mon manuscrit sous le bras : ça a séduit, ils me publient en 2013 ! En parallèle, j’ai enchaîné les « ateliers d’écriture », mes articles pour le journal étudiant et quelques stages en rédactions. Prochaine étape : le journalisme.

Comment ton art évolue-t-il ?

En mâchant, remâchant et re-remâchant mes textes… Et parfois, en acceptant de les garder imparfaits.

La plus grande qualité de tes créations ?

Plein de gens, de pleins d’âges différents, m’ont dit avoir pleuré à la fin du roman. C’est quelque chose de très puissant, qui me rend fière.

Quelle sont tes sources d’inspiration ?

Des bribes de quotidien parfois, des visages connus souvent. Il n’est pas rare que je transforme un être cher en « personnage »… Au risque d’en livrer une version infidèle !

Je réinvente aussi souvent des lieux qui m’ont marquée. Londres risque grandement d’en faire partie.

Tes thèmes préférés ?

On ne va pas se le cacher, j’ai pas mal baigné dans les univers fantastiques, de Poudlard aux mers des Caraïbes… L’aventure a beaucoup imprégné mes histoires. Des thèmes plus forts, comme le destin, la nécessité de grandir, les au-revoirs, reviennent toujours en demi-teinte. Et l’océan, pour son vocable aussi poétique qu’excentrique.

Et ton pâté préféré, d’ailleurs ?

Je suis plutôt du genre fromage de chèvre ; mais sinon, pour des raisons assez obscures, ce serait le pâté de campagne.

Quels messages veux-tu faire passer avec tes travaux ?      

Je préfère aborder les thèmes sous plusieurs angles, sans imposer de message précis. Par exemple : une utopie où l’on préfère la paix à la vérité, qui s’écroule car la vérité éclate… Quel moindre mal ? C’est plus une réflexion qu’un message, il n’y a pas de « prêt à penser ».

On veut souvent faire dire aux écrivains des choses dont ils n’ont pas conscience. Quelqu’un m’a fait remarquer un jour – avec raison – qu’aucun de mes personnages ne vivait d’amour heureux. Je ne m’en étais jamais aperçue !

Les messages, c’est très subjectif. Je préfère me dire que je livre une histoire avec plein de messages qui s’autodétruisent entre eux.

Quelle a été ta meilleure expérience en tant qu’artiste ? Et la pire ?

Ce jour de mai où j’ai parcouru Paris dans tous les sens avec mes manuscrits sous le bras, c’était un peu le pire et le meilleur à la fois : canicule et tonnes de papier, grande décision et beau symbole.

Le pire, c’est très personnel : tuer un personnage est une expérience vraiment cruelle, on se sent coupable. Le meilleur, au contraire, c’est plutôt des autres qu’il vient, leur vision de l’histoire, leurs idées, leur avis… Et puis donner des noms bizarres aux personnages ; ça, c’est vraiment ce que je préfère faire !

Meilleur conseil et pire critique que tu ais reçus ?

Les meilleurs conseils, ceux de ma prof de français du lycée. Elle n’a pas hésité à me le dire quand j’ai complètement foiré une nouvelle. Je sais qu’elle a un œil très sûr.

La pire critique réside dans la moue peu convaincue servie par certains étudiants de mon école à l’évocation de la fantasy ou de la science-fiction… Ca blinde, aussi.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de participer au Petit Pâté illustré ?

L’annonce lancée par Alice Des, dont je suis en admiration devant le blog depuis plus d’un an, l’opportunité d’un projet atypique. Et le nom, qui est juste trop cool !

Ce qui te plaît dans la collaboration entre artistes ?

Avec les illustrateurs : le fantasme de toute personne qui écrit, voir comment d’autres se représentent les personnages, les lieux, l’histoire qu’on a créée… ou celle qu’on vient de lire !

Entre auteurs : je ne cesse jamais de m’étonner face à tous les styles, tous les récits, tous les genres extrêmement différents que l’on peut tirer de vingt-six petites lettres. J’aime deviner la personne qui s’y cache, car on en dit toujours beaucoup sur nous-mêmes.

Quels sont tes projets pour l’avenir ?

La promo du bouquin, sûrement minimaliste, mais déjà une sorte d’achèvement suprême ! Peut-être un nouveau roman. Réinventer quelque chose de radicalement différent.

Et décrocher le master de journalisme… !

La nourriture à laquelle tu dédieras ton œuvre ?

Une épopée lyrique sur l’English breakfast !

Un dernier mot pour la faim ?

Pastèque !

Retrouvez la sur son blog d’expatriée : theresnoplacelikelondon.wordpress.com

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